La Villa Marlène à Cieneguilla,
nouveau site de la communauté des adultes handicapés
Le transfert de la communauté des adultes handicapés de San Andrés à la Villa Marlène, s’est effectué en février 2004 avec nos douze pensionnaires, dont plusieurs avaient passé plus de vingt ans dans un lieu de vie perdu au milieu des sables, mais à seulement 800 mètres des 50 enfants du foyer ferme. Le changement a donc été important, même si rapidement tous se sont rendus compte des avantages de la proximité de la petite ville de Cieneguilla et de celle de Lima aussi. Nos pensionnaires ont été bien accueillis par le voisinage, composé de gens simples et tolérants.
| Pourquoi ce
rapprochement de la civilisation ? Parce que cela fait plus de dix ans que
nous cherchons a intégrer davantage ces adultes handicapés mais pour la
plupart capables de mener une existence plus sociable. Nous avons choisi
cette bourgade à moins d’une heure de trajet de la capitale, jouissant
d’un climat, d’une flore et d’une faune identiques à ceux qu ils ont
connus depuis 23 ans pour les pionniers. Collines arides, tandis que le rio Lurin permet un peu de verdure le long de cette vallée à peu près à la même altitude (450 m.) pacaies, eucalyptus, huarangos, buissons épineux, y compris les moustiques (zancudos). |
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La vie y a commencé de façon rustique, tout n’étant pas absolument en place et nous avons tous participé aux travaux de finitions avec enthousiasme. L’ensemble est ravissant, ressemblant a un hameau blotti autour de la grande salle servant de réfectoire, cuisine et dépôt de vivres. Chaque habitant possède sa chambre, spacieuse et claire, meublée d’un lit, une armoire, une table et une chaise. Chacun est responsable, dans la mesure du possible, de son entretien journalier, de son linge également. Il faut mentionner que nous avons profite de cette nouvelle étape pour être plus exigeants au point de vue présentation, passant en quelque sorte de la campagne isolée a la ville et nous avons apprécie un net progrès parmi les plus réticents au point de vue hygiène et tenue.
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Il s’agissait
dès lors de trouver une occupation pour chacun, sans disposer de terrain
pour penser à des cultures. Mais il y a l’entretien du jardin d’ornement,
environ 800 m2 de gazon, buissons fleuris et quelques arbres (figuier,
prunier, jacaranda et saule). Nous avons loué un coin du terrain voisin,
en jachère, pour commencer un petit élevage de lapins Rex et nous avons
installé, attenant à la salle d eau, un joli atelier de confection de
peluches avec nos belles peaux, local spacieux et bien illuminé qui
fonctionne aussi comme lavanderie. La topographie légèrement en pente a été adaptée à l’usage de chaises roulantes (3 handicapés). |
La proximité de la bourgade permet à certains adultes de suivre des cours
divers, notamment de dessin (notre artiste), d’informatique, de modeste
formation professionnelle, voire de trouver des petits travaux de soin aux
chevaux pour touristes, jardinage ou maçonnerie dans les environs où la
réputation d’ACHALAY commence à être connue. Nous avons aussi noué des
relations sympathiques avec une institution de jeunes gens, rescapés de la
drogue, sise à Cieneguilla qui possède un bon orchestre et se déplace
volontiers à l’occasion.
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Ainsi entre l’entretien personnel, le jardin, l’élevage de lapins et la confection de petits animaux, les journées s’écoulent harmonieusement. Comme à San Andrés, la plupart des pensionnaires peuvent participer à la confection du repas du soir, à tour de rôle. Les responsabilités partagées sont toujours les mêmes, participation au nettoyage, au ménage, aux achats dans le voisinage ou, une fois par semaine, au marché, suggestions pour les menus, le tout tendant à maintenir une ambiance familiale joyeuse et laborieuse, avec le maximum de participation selon les capacités de chacun, sans stress ni oisiveté, recherchant un équilibre agréable entre le travail et les loisirs. Ceux-ci se composent de promenades dans les environs, baignades dans la rivière, un peu de sport et des jeux de famille traditionnels, maintenant les coutumes d’antan pour occuper les soirées et jours fériés. Les buts de randonnées sont plus nombreux qu'à San Andrés, tout est plus accessible et peuple. Un modeste groupe musical se compose de guitare, flûte de pan, quena, bombo, huiro, tambourin et choeur. |
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Les journées commencent à 6h du lundi au vendredi, à 6h30 le samedi et à 7h30
le dimanche. Ll’heure du coucher est libre pour autant que le lendemain les
noctambules soient ponctuels. L’ambiance reflète la vie d une petite
communauté d’une quinzaine de personnes dont les journées sont rythmées par le
travail, les repas volubiles autour de la grande table, tandis que les soirées
nous réunissent dans le réfectoire-salon avec de la lecture, un peu de TV, des
jeux de familles choisis en fonction de tous, etc.
Le personnel est composé de l’administrateur, chargé de la logistique, mais le
rôle permanent principal choît à une ancienne enfant de San Andrés qui
gouverne la Villa Marlène. Elle est responsable du maintien de l’ordre et de
la propreté, de l’exécution des repas avec l’aide des pensionnaires, et du
déroulement allègre de l’ensemble.
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Les fins de semaines nous amènent souvent des visiteurs, anciens enfants d’ACHALAY avec leur famille ou amis qui sont reçus d’autant plus chaleureusement que nous en avons été relativement privés à San Andrés, vu l’éloignement. Cela permet de fructueux échanges, une vie sociale plus riche et nous observons avec satisfaction que le niveau de nos pensionnaires tend a s’élever. Inutile de dire que la vie à la Villa Marlène s’écoule dans la paix et la bonne humeur, le sens de l’humour y est présent comme à San Andrés et, sans minimiser les problèmes inhérents à ce type de pensionnaires, nous pouvons assurer que la dignité et la joie de vivre règnent parmi nous. |
Bienvenue à la Villa Marlène !
Fernande, juin 2006