TERRE & NATURE, LE 9 DECEMBRE 1999
THERAPIE PAR LA NATURE
Noël, c'est l'occasion de faire une trêve, d'offrir des cadeaux, d'en recevoir aussi. Même s'il faut parfois attendre quelques moi supplémentaires ... Il en est ainsi pour l'Association Achalay au Pérou.
Depuis plusieurs années déjà, des jeunes et
des moins jeunes, la tête pleine d'idées, ont rejoint le
foyer-ferme de San Andrés, offrant leur temps et leurs
compétences. Cette année encore, un couple d'ébénistes
romands est parti au Pérou pour ouvrir un atelier de menuiserie
(voir Terre et Nature du 9 septembre 1999). Et un nouveau
projet est déjà en train de prendre forme. A son origine, deux
jeunes Français, cette fois.
Anouk Bemelmans, 25 ans, est licenciée en biologie. Elle suit
actuellement une formation de "logicienne de
l'humanitaire" à l'École Bioforce Développement à Lyon.
Une formation qui se déroule en deux étapes: une première
théorique d'une année, une seconde sous la forme de
"missions pratiques" (six mois au moins à
l'étranger). Au terme de ce parcours: un diplôme officiel,
reconnu par l'Union européenne. Durant sa première année,
Anouk a décidé de suivre l'option "animatrice de
formation". Avec un projet: "Éducation à l'écologie
et à l'environnement adapté au foyer-ferme de San
Andrés".
Le choix de l'association Achalay a été dicté par sa rencontre
avec Sébastien Guignard, 24 ans, qui a effectué son service
civil dans le secteur structure et administration de l'École
Bioforce. Sébastien a déjà passé trois mois au Pérou et en
garde un excellent souvenir. Animateur, il a notamment donné des
cours de guitare à certains enfants attirés par la musique.
Aujourd'hui, un groupe folklorique a même été créé, qui
participe parfois à des manifestations!
Revaloriser l'agriculture
En prenant connaissance des bulletins d'information de
l'association Achalay, Anouk est tombée sur une phrase de son
directeur, Paco Cagigao, qui l'a confortée dans son choix:
"Nous fîmes le geste symbolique de sortir de la ville pour
nous rendre à la campagne, parce que nous croyons fermement
qu'une partie de la solution des problèmes du Pérou passe par
la revalorisation de l'agriculture." Notons que le projet
d'Anouk et de Sébastien a été, dans un premier temps, soumis
à Paco, afin qu'il juge de son opportunité.
Enseigner l'écologie au Pérou. Est-ce vraiment une nécessité?
Réponse du tac au ta "On confond souvent l'écologie
(science qui étudie les relation des êtres vivants entre eux
avec leur milieu) et environnement. Le but de notre travail sera
de revaloriser auprès de enfants les notions de respect de la
nature et des êtres vivants, de leur apporter des éléments
propres à améliorer leur intégration dans la vie sociale et
notamment au sein de la communauté où ils résident.
L'enseignement se fera surtout d'une manière pratique, ludique
et artistique. En allant peut-être un peu plus loin encore: une
thérapie par la nature, en quelque sorte. "Nous souhaitons
que les enfants exploitent le plus possible leurs capacités
personnelles, telles que l'imagination, l'intuition, leurs
qualités spécifiques aussi." Un éveil des sens, une
amélioration de la mémoire et un travail sur la personnalité.
Il ne faut pas oublier qu'"un enfant renfermé oublie
l'espace qu'il a autour de lui". Il doit en reprendre
conscience.
L'exemple des fermes pédagogiques
Les participants pourront, par exemple, reproduire le cycle
de l'eau dans un bocal, observer un vivarium de fourmis ou
assimiler des instruments à des chants d'oiseaux. Dans une même
optique, on trouve, en France, des fermes pédagogiques qui
accueillent des jeunes en réinsertion, des délinquants ou des
handicapés mentaux.
Pour ce qui est du financement, Anouk et Sébastien espèrent,
entre autres, obtenir une, voire plusieurs bourses mises au
concours par des institutions officielles françaises telles que
"Mille et un défis pour ma planète" ou "Les
défis jeunes". Ils effectueront aussi une recherche de
matériel pédagogique dans des écoles. J'ai entendu dire que la
sauvegarde de la planète passe par l'éducation des humains. Il
est clair, dans un tel cas, que la sensibilisation à l'écologie
et à l'environnement y occupe une place importante.
Nicole Debétaz terre&nature, jeudi 9 décembre 1999