| Date de naissance: 03.04.1980 | Date d'arrivée à San Andrés: 25.04.1993 |
Juana est le troisième enfant qui provient du grand l'orphelinat de la bienfaisance publique de Lima (Peréz Aranibar) ces dernières années. Les trois pour des motifs semblables, malgré des biographies si différentes : êtres exceptionnels, avec handicaps physiques ou mentaux, dont l'adaptation à une institution avec tant d'enfants est quasi impossible. Parce que, encore davantage que pour n'importe quel autre enfant, la considération de son individualité est un réquisitoire indispensable à son développement.
En 1983 Juana et son frère José Antonio
furent déposés à l'orphelinat par la police, sur ordre du juge
des mineurs : la mère était mendiante dans les rues, malade
mentale et l'on présumait que le père était décédé.
En 1984 le père a été leur rendre visite, une seule et unique
fois. Alcoolique, il fut interné dans un hôpital psychiatrique.
En 1985, des fonctionnaires de l'orphelinat se rendent à
l'adresse mentionnée par la police dans son rapport et trouvent
la maman avec un fils aîné, atteint de retard mental sévère.
Il n'y a pas trace du papa qui, cette fois-ci, semble décédé.
C'est tout ce que l'on possède sur la famille.
Quant à Juana, très rapidement elle révèle
une déficience mentale et des dérangements affectifs, raison
pour laquelle elle a droit à une attention spécialisée dans le
Foyer des Enfants de l'orphelinat.
En 1988 elle est transférée au Foyer des Filles de la même
institution, où elle présente des problèmes de conduite et
elle est inscrite successivement dans quatre centres d'éducation
spécialisée, auxquels elle ne peut s'adapter.
Le rapport psychologique qui nous est remis diagnostique un QI
équivalent à une déficience mentale modérée, avec un âge
mental de six ans et demi. Apparemment, il y a un plus grand
potentiel en activités manuelles. Le rapport affirme qu'elle a
très peu d'informations, ce qui est attribué au fait qu'elle a
des expériences réduites à cause d'un si long internement, de
manque de stimulation et d'appui individuel. Citons : "Dans
le champ de la personnalité, on observe une fillette dispersée
et impulsive, dévalorisée, méfiante et peu tolérante envers
ses erreurs, qui peuvent déchaîner opposition et colères. En
dépit de son grand besoin d'affection, il lui est difficile de
prendre contact avec d'autres personnes, elle agit à la
défensive. Elle présente des difficultés pour bien s'adapter
et accepter les limites, mais elle y arrive si on les lui donne
concrètement et chaleureusement..."
C'est cette dernière phrase du rapport qui
nous intéresse le plus...
Juana arriva le 25.4.93. Nous l'avons inscrite au Centre
d'Education Spécialisée d'Andahuasi, situé à quinze
kilomètres de chemin désastreux. Chaque matin, notre
camionnette part avec une vingtaine de nos enthousiastes
écoliers, en secondaire et éducation spécialisée et, cette
année, éducation initiale, avec la deuxième génération:
Jonathan et Sara, enfants de Sonia et Rocio, fondatrices...