Martha et Elisabeth

Date de naissance : 08.11.1989 et 18.02.1992
Date d'entrée au foyer-ferme : 23.03.2001

Père: Fidencio , 47 ans, né à Pativilca, ouvrier agricole, domicilié au hameau de Caractama, district de San Miguel de Acos.

Mère: Maria Elena, 37 ans, née à Carhuaz-Ancash, abandon du foyer.

Acos est un village situé à 2 heures de route de Huaral et Caractama à 3 km en amont de Acos. C'est une région de vergers, principalement de pêchers, pommiers et manguiers. On y cultive aussi du maïs et des piments. La vallée est pauvre, elle ressemble à la nôtre, avec la rivière Chancay et ses alentours verdoyants lorsqu'ils sont irrigués. La route est mauvaise, il y a peu de circulation. Les collines sont désertiques jusqu'à l'approche d'Acos où tout devient vert ; c'est le début de la sierra.
La case n'a pas de fenêtre, elle surplombe les virages du chemin et elle est construite sur un rocher d'accès périlleux, complètement isolée, dans un décor montagneux verdoyant. Il y a une seule pièce, divisée en deux par un rideau de plastic. La cuisine se prépare la plupart du temps en plein air, au petit bois. Une grande pierre plate sert de table. Il n'y a pas d'électricité et pas d'eau courante, mais une source cristalline proche, qui tarit en été. Il y a un coin de jardin potager et 150 plants de pêchers rustiques.
Il y a la « grand-mère », 86 ans, malvoyante, se déplaçant avec une canne, brave femme qui recueillit Fidencio à l'âge de 8 mois, enfant abandonné ... C'est elle qui élève les 2 fillettes, qui ont été abandonnées par leur mère, il y a quelques années. Sa santé décline, raison pour laquelle elle ne peut plus prendre en charge Martha et Elisabeth. Les pêchers lui appartiennent ; ils sont d'un maigre rapport.
Ces enfants ont été scolarisées normalement, à Acos. Elles sont mignonnes, éveillées, polies, joyeuses et surtout impatientes de venir vivre à Achalay ! Dans cet isolement total, on se demande comment elles peuvent être si vivantes, curieuses, spontanées, sociables. C'est probablement grâce à la fréquentation de l'école du village.

Le père a l'air rustre et fatigué. Il est ouvrier agricole à Acos et gagne une misère. II boit le samedi... Il est soulagé d'apprendre que nous sommes d'accord d'accueillir ses 2 fillettes et il promet de venir les trouver de temps en temps.

San Andrés, mars 2001