Sandy et Eli
Date de naissance : 04.07.1993 et 12.07.1995

Date d'entrée au foyer-ferme : 25.03.2001
La
maman, Nicolaza Vergara Osorio, 22 ans, vit dans le bidonville José Carlos
Mariategui, Ampliacion, Manzana U5A, Lote 2. C'est un bidonville sis à environ
15 km du centre de Lima, à l'est, c'est-à-dire dans les contreforts des Andes.
"Ampliacion" signifie encore plus pauvre, au plus haut des collines
pierreuses, où nous croyions avant que personne n'y pourrait vivre, où
s'entassent ceux qui arrivent dernièrement des provinces ou qui sont expulsés
par l'accroissement démographique de Lima.
Sa maison petite cabane d'une seule pièce, est de plusieurs matériaux,
principalement nattes de paille; il y a aussi du carton, du plastique, de la
toile, des planches d'aggloméré. Sans électricité et sans eau. Ceux qui
peuvent payer obtiennent l'électricité clandestinement des voisins d'en
dessous. Ils achètent l'eau aux camions citernes qui arrivent dans la région.
La Sra. Nicolaza a deux enfants : Sandy, fillette de 8 ans et Eli, garçonnet de
5 ans. Le conjoint, père des deux enfants, est parti il y a 3 ans à la selva,
pour chercher du travail pour soutenir sa famille et il a disparu. Elle est allée
à sa recherche l'année passée, elle l'a trouvé avec une autre femme et un
autre enfant... Il est venu leur rendre visite depuis lors, mais il ne leur
donne pas un sou ; lorsqu'elle exige ou supplie, il demande en échange des
faveurs maritales. Elle s'y refuse et il réclame ses enfants pour les emmener
avec lui ...
La Sra. Nicolaza travaille comme aide de cuisine dans un autre quartier pauvre,
Ventanilla, en face de la mer, dans le désert nord de Lima, où vit sa soeur,
à environ 40 km de sa cabane, dans un humble restaurant où elle gagne 250
francs par mois, la nourriture pour elle et Eli incluse. Elle travaille de 7 à
19h, six jours par semaine.
Le trajet jusqu'à sa cabane prendrait cinq à six heures chaque jour, aussi
a-t-elle décidé de demander l'hospitalité à sa soeur, qui vit également
dans une case très pauvre avec son mari et son fils. Elle laisse Sandy dans sa
cabane pour qu'elle la surveille. Elle demande aux voisins de prendre soin de
Sandy et de veiller à ce qu'elle assiste à l'école. Les jours de congé,
Nicolaza part voir sa fille, laver, nettoyer, traiter de résoudre les problèmes
qui se présentent. Lorsqu'elle travaille, Eli reste avec sa tante, qui élève
son propre enfant, et elle l'amène au restaurant pour ses repas. Nicolaza
commente qu'Eli souffre de l'hostilité du fils de sa soeur, qui est plus âgé.
La Sra. Nicolaza est voisine de Ubaldina Valladares, la maman de Miguelito
Orihuela que nous avons accueilli l'an passé. En mars, toutes deux sont venues
nous trouver à Lima, puis nous avons été visiter les lieux pour nous rendre
compte et nous avons décidé de recevoir les deux enfants.
Sandy est assez intelligente, sensée et tranquille, affectueuse et spontanée.
Rapidement elle a obtenu de bons résultats à l'école (2ème année
de primaire). Au foyer, elle s'est aussi adaptée facilement.
Eli, que sa maman appelle Toni et maintenant tous faisons de même, est un petit
bonhomme dont le visage rond, les grands yeux tombants aux extrémités, bouche
et nez menus, donnent cet aspect d'enfant innocent, vulnérable et fragile qui
provoque la tendresse. Mais il a un caractère de bonne trempe : le jour suivant
son arrivée, il est tombé de la balançoire et s'est fracturé les deux os de
l'avant-bras. Giovanna, notre infirmière, l'a emmené à l'hôpital de Huacho,
ville située à 60 km, où il a été plâtré. Il a supporté le voyage et le
traitement stoïquement, nous est revenu avec son plâtre et s'est adapté à
lui et à nous avec une égale facilité. Il va aussi à l'école enfantine sans
problèmes. Par ses questions et déductions, nous voyons qu'il cherche à
comprendre le monde et à se situer en conséquence.
La maman les aime et cela se remarque chez les deux enfants. Nicolaza veut
chercher un travail comme employée domestique, qui lui permette d'économiser
un peu d'argent. Elle est très jeune, nous la connaissons peu et nous ne savons
pas quel est son potentiel. Pour le moment, le mieux est de prendre soin des
enfants.
San Andrés, avril 2001